L'équipe Kanbios | 30 mars 2022

Etes-vous plutôt cycle en V ou bien méthodes Agiles ?

AgileCycle en V

Parlons management de projets digitaux ! Si l’engouement pour les méthodes Agile n’est plus à justifier, il serait pourtant hâtif de remiser le management de projet en cycle en V dans les tréfonds de votre boîte à outil de chef de projet. Dans les faits, ce sont le contexte de votre projet et votre équipe qui vont faire pencher la balance en faveur de l’une ou l’autre méthodologie. Faisons le point !

Qu’est-ce que le management de projet en cycle en V ?

Le cycle en V est une méthode de management de projet séquentielle. Il décompose un projet, IT ou autre, en 3 grands temps successifs, eux-mêmes subdivisés en phases plus réduites :

  • La phase de conception, dite « descendante » représente le temps où les équipes projet vont décrire, concevoir et documenter le produit à réaliser dans ses moindres détails. Cette phase comprend l’analyse des besoins, la rédaction et validation des spécifications fonctionnelles, la conception architecturale de la solution et sa conception fonctionnelle.
  • Au cours de la réalisation, les équipes « construisent » le produit dans son intégralité. Dans le cadre d’un projet IT, il s’agit de la phase de codage de l’application.
  • Enfin, la phase de validation, ou phase « ascendante », correspond aux étapes de tests et validation du produit par les différentes parties prenantes. Cette phase comprend les tests unitaires (chaque composant du projet est testé individuellement), les tests d’intégration (le système des fonctionnalités est testé), les tests de validation (ou l’évaluation de la correspondance entre les cahiers des charges et le produit développé) suivis de la recette fonctionnelle, aussi appelée test d’acceptation, qui permet de vérifier l’adéquation du produit au regard du besoin initial exprimé.

Le principal avantage du cycle en V est de garantir un degré élevé de transparence. Cela s’explique en partie par sa documentation exhaustive. Le processus de mise en œuvre du projet, le produit, les relations entre les différentes parties prenantes… Toutes les parties prenantes établissent et valident clairement le projet. Ensuite, il passe entre les mains de l’équipe de développement.

La contrepartie principale de cette planification ? Une certaine rigidité face aux modifications qui surviennent en cours de développement. La moindre modification demandée suppose de recommencer une phase de conception, même partielle. Cela implique aussi de revoir la documentation avant d’implémenter les modifications au niveau technique. Ces opérations peuvent se révéler rapidement coûteuses en temps et en budget.

Que sont les méthodes Agiles ?

Pour faire simple, le terme Agile réunit plusieurs méthodes de management de projet et frameworks. Vous avez sûrement déjà entendu parler de Scrum, Kanban, Extreme Programming, Crystal clear…  Ces méthodes favorisent une approche plus pragmatique et plus collaborative de la conception et du développement de produits digitaux. À ce titre, elles répondent toutes à un système de valeurs et de pratiques défini dans le Manifeste Agile.

Les projets Agile commencent souvent par trois actions :

  • la définition du cadre de travail dans lequel toutes les parties prenantes du projet vont collaborer. Les méthodes Agile favorisent la co-construction du produit avec toutes les parties prenantes. Elles demandent de fait une forte implication des commanditaires dans le projet. De même, elles invitent les équipes opérationnelles à la prise de décisions.
  • Ensuite, la définition d’objectifs à atteindre pour que le produit envisagé réponde à un besoin utilisateur exprimé. On décline ces objectifs en une liste de fonctionnalités et tâches à réaliser par les équipes de production. Cette liste évolue au fur et à mesure de la progression des projets et des retours de tests utilisateurs.
  • Enfin, la définition des priorités de production lors des premières itérations (de courts cycles de développement). Les premiers développements visent à développer un prototype, le « cœur » du produit digital. Il sera ensuite ajusté et amélioré au fur et à mesure des itérations.

Il est important de noter que chaque itération vise la production d’un élément (une fonction, une fonctionnalité…) qui sera testé par des utilisateurs pour validation. Ces tests ont pour but de vérifier la qualité du développement en continu, mais également de valider l’adéquation du produit en cours de production avec les besoins exprimés par les utilisateurs. Ainsi, les méthodes Agile proposent une définition différente de la gestion des risques associés au produit. Les risques sont une donnée à part entière du projet et non une possible conséquence du projet à anticiper et à planifier.  

La flexibilité face au changement, la proximité entre les parties prenantes et une gestion des risques différente… les méthodes Agile offrent des réponses pertinentes lorsque l’incertitude est un facteur déterminant de votre projet. Néanmoins, elles sont très exigeantes pour les parties prenantes en termes de disponibilité. De plus, elles requièrent une certaine expertise, notamment au niveau de l’animation de la méthode et de son suivi, pour être efficace.

Livre-t-on plus rapidement en Agile qu’en cycle en V ?

Si par livraison, on entend « livraison du produit dans son intégralité », la réponse est non, pas nécessairement. Les méthodes Agile ne présentent pas un impact particulier sur la capacité d’un développeur à écrire du code rapidement. Elles ne proposent pas un gain de temps mais plutôt un gain d’efficacité pour développer un produit adéquat par rapport au besoin utilisateur.

Ce management de projet met très tôt un prototype entre les mains des utilisateurs finaux. D’où l’impression d’un délai de mise sur le marché raccourci. Par ailleurs, les retours de tests permettent d’identifier sur quels éléments l’équipe doit concentrer ses efforts pour répondre à la demande du marché. Ces points peuvent être déterminants dans un contexte concurrentiel, où il est important d’être le premier à lancer un produit digital original par exemple.

Les projets sont-ils moins documentés en Agile qu’en cycle en V ?

Si vous avez lu notre article sur la phase de Discovery Agile, vous avez sûrement une idée de la réponse.

En effet, il y a moins de documentation à rédiger en amont de la phase de développement d’un projet Agile par rapport à un projet en cycle en V. Pour autant, cela ne signifie pas que les méthodes Agile documentent moins leurs projets. Au contraire, cette documentation se construit simplement au fur et à mesure des livraisons, tant sur la partie fonctionnelle que technique du produit.

Existe-t-il des cas où il est préférable d’adopter le cycle en V pour développer un produit digital ?

La culture de l’entreprise, le produit à développer, et l’équipe sont à prendre en considération pour décider quel est le management de projet le plus pertinent. Sous leurs airs de flexibilité, les méthodes Agile se révèlent parfois plus exigeantes et contraignantes que le cycle en V.

Plusieurs critères peuvent vous aider à déterminer quel management de projet choisir :

  • Le degré d’incertitude envers le produit à réaliser au démarrage du projet. Le cycle en V s’accorde très bien avec les projets où le besoin utilisateur s’identifie clairement dès le départ. Lorsqu’il n’existe pas ou peu de doutes sur la réponse à apporter. Quant à elles, les méthodes Agile sont plus pertinentes lorsque le degré d’incertitude sur le produit au démarrage du projet est élevé, et lorsqu’on anticipe une évolution rapide de la demande.
  • La complexité. Effectivement, plus le produit ou l’environnement du projet est complexe, plus on privilégie les méthodes Agile qui mettent l’accent sur la communication et la réactivité.  
  • La disponibilité des parties prenantes ou leur désir de co-construire ou non le produit. Le cycle en V a tendance à segmenter les rôles et responsabilités des parties prenantes. Ces dernières ne sont pas nécessairement toutes sollicitées à chaque étape du projet, en dehors des réunions de pilotage. Cela s’avère avantageux pour les clients / commanditaires peu disponibles ou ne désirant pas s’impliquer dans les moindres détails d’un projet.

Pour résumer

  • Le cycle en V repose sur une planification précise et une gestion des risques solide suite au développement du produit.
  • Les méthodes Agiles misent sur la co-construction et une communication accrue pour développer un produit digital en réduisant le time-to-market.
  • Enfin, pour déterminer un mode de management de projet il est important de prendre en considération le produit à développer, le contexte dans lequel il est développé et l’équipe en charge de son développement.

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